Étiquette : Akira Kurosawa
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Kagemusha, le cheval d’orgueil
Après un détour par les steppes russes du début du XXème siècle, Kurosawa marie enfin deux enjeux de sa cinématographie : la reconstitution historique et la couleur. Flamboyant, son film est avant tout visuel. L’épique est la plupart du temps asservi à la picturalité. De la couleur des armures, scindant fantassins et cavaliers, des oriflammes…
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Yojimbo : larves et autodestruction massive
On a souvent qualifié Kurosawa du « plus occidental des cinéastes japonais », et il est évident que l’ouverture du garde du corps surprend d’emblée par sa parenté avec le western. Musique aux cuivres tonitruants, rue déserte d’une ville en proie à la guerre fratricide, on comprend ce qui a attiré Sergio Leone, qui a littéralement pillé le film…
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Vivre : chronique d’une mort magnifiée
Watanabe n’apprendra que tardivement que tous ses collègues le surnommaient « La momie ». Mutique, prostré sur son bureau, au sein d’un service municipal qui lui aussi ploie sous une pile insondable de dossiers, il fait corps avec l’administration, sans lever la tête, résigné et « mort depuis 25 ans ». Délivrée par la voix…
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Le Château de l’araignée : la brume et la fureur
Après Dostoïevski, c’est à rien de moins que le Macbeth de Shakespeare que Kurosawa s’attelle. Dans un Japon ancestral, et placé sous le signe d’un noir et blanc brumeux, un lieu fantomatique émerge de nuages qui se déchirent sur la terre noire, au milieu duquel s’érige un tronc, seul témoin de la présence du château…
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Dersou Ouzala : Taïga con dios
Dersou Ouzala est avant tout un film d’aventure, reprenant le récit autobiographie d’Arseniev, scientifique russe qui raconte ses missions en compagnie d’un guide golde, émanation directe de la Taïga. D’une authenticité imparable, le spectateur voit se succéder les paysages, les saisons et les épreuves, d’une tempête de glace sur un lac à la chute dans…
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Rêves : keep on dreamin’ in a sad world
L’un des derniers films de Kurosawa s’inscrit dans une évolution tout à fait cohérente au regard de sa fin de carrière ; après les expérimentations de la couleur dans Dodes’kaden, les trois films suivants ont donné un rôle de plus en plus prééminent au visuel, qu’il s’agisse de célébrer la nature (Dersou Ouzala) ou les fastes…
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Rashōmon : autopsie des pleutres
Pour ouvrir la folie vertigineuse des récits qui va constituer son œuvre, Rashōmon pose en premier lieu l’espace du récit encadrant : une porte délabrée, démesurée à l’échelle humaine, d’une beauté stupéfiante et sur laquelle ruisselle en continu une pluie torrentielle…
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Ran, la guerre et ses toiles
Fruit d’un travail de dix ans, dernier long métrage épique et historique de Kurosawa, Ran a tout du crépuscule flamboyant. Démesuré, ambitieux, film monstre, il impose au public un déferlement visuel allié à une vision radicalement pessimiste de l’humanité.
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Les Sept Samouraïs : écran total
Quand on s’attelle au chef-d’œuvre d’un des plus grands cinéastes de l’histoire, l’humilité et la fébrilité paralysent quelque peu ; le film total qu’est Les 7 samouraïs mérite davantage qu’une modeste critique, et les remarques ci-dessous sont autant d’esquisses qui pourraient renvoyer aux chapitres d’un livre entier à son sujet.
