
Après le cinéma et le rap, RadiKult’ se penche cette fois sur l’histoire du pop-art, dont les manifestations artistiques ont donné un nouvel élan à l’art contemporain. En voici le second chapitre.
Andy Warhol
C’est une évidence, Andy Warhol demeure l’un des artistes les plus influents du pop-art. Surtout connu pour ses portraits de célébrités et ses représentations d’objets de consommation, il a créé des œuvres passées à la postérité, comme les célèbres séries « Campbell’s Soup Cans » et les images colorées de Marilyn Monroe, devenues emblématiques de ce mouvement artistique. Warhol a utilisé la technique de la sérigraphie pour produire ses œuvres en série, comme si elles étaient alignées selon la même logique que dans un rayon de supermarché. Un parti pris qui reflète indirectement notre propension à la production et consommation de masse.
Andy Warhol a également été pionnier dans l’exploitation et/ou la subversion de la célébrité, pensée comme un sujet d’art. Enfant, il collectionnait déjà les cartes de stars. Le quart d’heure de gloire warholien témoigne d’une certaine fascination pour la starification et ses processus, parfois éphémères. Son atelier, connu sous le nom de « The Factory », est devenu un lieu de rencontre pour les artistes, les personnalités publiques et les intellectuels, où se sont notamment croisés Robert de Niro, Bob Dylan, la chanteuse Nico ou William Burroughs. Il a par ailleurs accueilli le groupe The Velvet Underground pour ses répétitions. En plus de ses sérigraphies et œuvres plastiques, Warhol a bien entendu exploré d’autres domaines et médias, notamment le cinéma, les capsules temporelles et la musique, avec souvent cette même volonté de bouleverser les codes.
Peintre du quotidien, grand consommateur d’images, adepte du détournement et de la reproduction, capable de faire le trait d’union entre la peinture et le cinéma expérimental, Warhol semble en permanence assimiler et recycler l’attrait du capitalisme et le diktat du marché, qui agissent de manière séminale sur son œuvre.
Roy Lichtenstein
Roy Lichtenstein est un autre artiste majeur du pop-art, célèbre pour ses œuvres inspirées des bandes dessinées. Ses peintures, souvent caractérisées par des points de trame, des lignes épaisses et des couleurs vives, reprennent des images de BD populaires pour les transformer en œuvres d’art. Lichtenstein a joué avec les conventions du neuvième art, agrandissant et isolant des scènes pour créer des œuvres d’art dramatiques et mémorables. « Look Mickey ! », « Whaam! » et « Drowning Girl », parmi tant d’autres, sont devenus d’authentiques icônes du mouvement pop-art.
Lichtenstein a parfois été critiqué pour avoir simplement reproduit des images de bandes dessinées. Il a toutefois défendu son travail en affirmant qu’il modifiait ces images en les affublant d’un regard artistique, à travers un processus personnel et unique. Dans « Look Mickey ! » par exemple, il apporte des transformations structurelles, modifiant les couleurs ou la perspective. L’artiste new-yorkais a également exploré d’autres thèmes, tels que les miroirs et les intérieurs modernes, tout en conservant son style distinctif – dont le pointillisme version pop. Comme Andy Warhol, il a emprunté et réinterprété des images existantes, souvent iconiques, pour créer quelque chose de nouveau et de provocateur, qui questionne notre rapport aux représentations et à la société contemporaine. La théorie de la reproductibilité de l’œuvre, chère à Walter Benjamin, apparaît en ce sens revisitée, le banal s’investissant d’un certain prestige, devenant porteur d’un sens nouveau.
R.P.

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