Étiquette : Akira Kurosawa

  • Dodes’kaden : apologie de l’apologue

    Entre rupture et continuité, Dodes’kaden occupe une place particulière dans la filmographie de Kurosawa. Continuité, tout d’abord, par les thèmes qu’il aborde, et qui semblent prolonger l’attention portée aux miséreux avec tant de talent dans Barberousse. Galerie des conséquences de la pauvreté, le récit choral explore les ravages de l’alcool, de la solitude, de l’esclavage,…

  • Vivre dans la peur : peur sur la bile

    La vision qu’entretient Kurosawa de l’humanité est depuis les débuts de sa filmographie très proche de celle de Dostoïevski, et ce nouvel opus ne déroge pas à ses obsessions. Toujours ancrée dans l’histoire sacrificielle du Japon, l’intrigue évoque directement le traumatisme de la bombe A sur la population, à travers un patriarche, riche industriel qui…

  • Le Duel silencieux : les plus désespérés sont les gens les plus beaux

    En grand humaniste, Kurosawa a souvent utilisé la figure du médecin dans ses films, qu’il s’agisse de L’Ange ivre ou bien entendu la somme Barberousse. Dans cet opus des débuts, qui succède à L’Ange ivre et réunit une nouvelle fois le duo Mifune/Shimura, la figure du soigneur est à nouveau mise à mal, par un démon intérieur autrement plus insidieux…

  • La Légende du grand judo : regard martial

    Le premier film d’Akira Kurosawa, en dépit du grand succès qui l’accompagne, peine dans un premier temps à s’imposer : amputé par la censure, d’une durée de 1h15, il pourrait n’être vu que dans une perspective encyclopédiste pour qui voudrait connaître le maitre japonais à ses débuts. Elliptique (forcément, et à son insu), un brin…

  • Les Salauds dorment en paix : les uns corruptibles, et les autres

    Les Salauds dorment en paix (1960) – Réalisation : Akira Kurosawa. Il faut vraiment voir une grande part de la filmographie de Kurosawa pour prendre la mesure de sa maîtrise éclectique, ainsi que celle de son comédien fétiche Mifune. Camouflé sous sa gomina et ses épaisses lunettes, le voici pion d’une grande compagnie dans laquelle corruption…

  • L’Ange ivre : le vieil homme et la mare

    Remonter aux origines de la filmographie de Kurosawa révèle son talent pour évoquer ses contemporains ainsi qu’un flair inné pour dénicher les comédiens de talent. Bien avant la prestigieuse collaboration qu’on connaît, ce film réunit déjà, en 1946, les grands Mifune et Shimura dans un duo fantastique. La gueule d’ange yakusa (Mifune) se voit contrainte…

  • Chien enragé : les aventuriers de l’arme perdue

    Chien enragé a tout du film noir, d’un polar sombre dont la trame n’est pas faite pour surprendre, puisqu’elle consiste à restituer la traque d’un malfaiteur à travers une enquête minutieuse, le tout sous la fournaise d’une ville harassée. Il est cependant impressionnant de constater à quel point Kurosawa va greffer sur ce canevas un nombre…

  • L’Idiot : des visages défigurent 

    Lorsqu’on voit l’importance des thèmes de la culpabilité, du choix et des frontières poreuses entre le bien et le mal qui occupent les films précédents de Kurosawa, il est peu surprenant de le voir s’attaquer à l’adaptation de Dostoïevski. Face à l’un de ses romans les plus profus, le cinéaste opère une série de choix…

  • Entre le Ciel et l’Enfer : des hommes d’exception

    Aux centaines, voire milliers de cinéastes s’étant attelés à l’exercice éculé du film de kidnapping et d’enquête policière, imposons-leur comme œuvre de chevet cet opus de Kurosawa. D’une densité exceptionnelle, il est l’étalon mètre de toute la richesse d’un tel sujet, et des moyens à déployer pour pouvoir les traiter. 

  • Barberousse : plutôt la vie

    Grand film sur la misère à l’égal des Raisins de la Colère de Ford, ou surpassant Los olvidados de Bunuel, Barberousse fait le pari d’une empathie progressive. En s’identifiant au nouveau venu Yasumoto, engagé contre son gré et à qui on expose sans détour la crasse, la puanteur et le sacrifice que suppose ce dispensaire, le spectateur…

  • La Forteresse cachée : la guerre des étoles 

    Après les cimes atteintes par Les Sept Samouraïs, Kurosawa poursuit dans la veine du film d’aventure historique, mais avec une modestie qui lui permettrait d’éviter l’épuisante aventure du tournage de son chef-d’œuvre : intrigue plus resserrée, nombre réduit de personnages, les ambitions semblent à la baisse. Le duo de gueux qui ouvre le récit offre un…

  • Sanjuro : la lame aux camélias

    Suite directe du Garde du corps, Sanjuro reprend le principe fort sympathique de la dynamique de l’opus précédent ; soit le samouraï vagabond, Mifune plus ours que jamais, déboulant au milieu d’un coup d’État au sein d’un clan.