Catégorie : Critique

  • Bob le Flambeur : « La chance, sa vieille maîtresse, lui a fait oublier la raison pour laquelle il était là »

    Tout, dans ce film, fonctionne en effet sur l’archétype : le vieux joueur dont l’expérience fait force, le jeune premier aux passions imprudentes, la jeune femme fatale aux mœurs instables (Isabelle Corey, à l’étonnamment courte carrière, qui impose ici une belle présence, magnétique et faussement désabusée), le commissaire à la fois aux trousses et complice…

  • Le Cercle rouge : le casse du siècle

    Dans Le Cercle rouge, Melville, en pleine possession de ses moyens, va creuser un sillon déjà bien préparé par les films précédents. Les motifs sont familiers : le deuxième souffle accordé à celui qui quitte la prison (Delon, ou pour Montand, ici, les vapeurs délétères de l’alcool), la constitution d’une équipe d’élite, la savante préparation du casse et sa réalisation…

  • Le Deuxième Souffle : aux grands hommes, la police reconnaissante

    Le Deuxième Souffle pourrait être l’expression appliquée au Doulos (après la parenthèse malheureuse de L’Aîné des Ferchaux qui entérine la rupture avec Belmondo) : plus à l’aise, en pleine possession de ses moyens, Melville y creuse les mêmes thèmes narratifs et y amplifie son esthétique. 

  • Le Samouraï : un homme qui meurt

    Le Samouraï (1967) – Réalisation : Jean-Pierre Melville. L’arrivée de la couleur chez Melville pourrait supposer quelques modulations dans l’univers criminel qu’il construit patiemment depuis Bob le Flambeur. En réalité, elle l’entérine. Grisaille urbaine bleutée et glaciale, elle s’impose dès le premier plan, l’intérieur décati du protagoniste qu’on croirait sorti tout droit d’une toile de…

  • Le Doulos : l’écheveau de feu

    Initié dans Bob le Flambeur, le film noir selon Melville met ici en place ses jalons avec plus d’aplomb. La scène d’ouverture en est l’archétype. Plan-séquence urbain, elle suit la silhouette de l’imperméable et du feutre d’un individu qui semble l’émanation même du décor. Surcadré par les poutrelles métalliques, le fracas des trains et la…

  • L’Armée des ombres : l’éclat de résistance

    Sur la partition désormais familière de Melville, son public sait reconnaître les motifs et la rythmique si particulière. Lenteur, méthode, précision, privilège sur le cadre et point de vue externe se focalisant sur les actes sont les composantes de son esthétique. 

  • La Poursuite infernale : à l’Ouest, tout est nouveau

    Naissance d’une nation : tel semble être le programme de Ford dans ses westerns. Dans ce chapitre, le meurtre fondateur du frère permet au protagoniste de devenir shérif d’une ville en proie au chaos des temps premiers : boissons, flingues et vols font loi. Fonda et son regard pur vont progressivement civiliser cette cité naissante,…

  • L’Homme tranquille : une main tendue… dans ta face

    Œuvre à part dans la filmographie de John Ford, L’Homme tranquille est l’un de ses films les plus personnels, qu’il a tenté de monter pendant 15 ans et qu’il a pu faire grâce à Rio Grande, film de commande dont le succès fut la garantie. La singularité du projet tient dans sa localisation, l’Irlande des…

  • Qu’elle était verte ma vallée : le monument aux forts

    Germinal humaniste, Quelle était verte ma vallée prend tout d’abord le point de vue d’un enfant et du récit rétrospectif. Par une douce voix off, le souvenir de l’homme âgé patine l’enfance d’une nostalgie dénuée de mièvrerie et rend compte d’un monde industriel en pleine expansion.

  • Le Massacre de Fort Apache : l’erreur est humaine

    Premier volet de la trilogie de la cavalerie, Le Massacre de Fort Apache déplace les thématiques du western dans le cadre militaire. Aux cowboys et leur sens individuel de la justice ou de la propriété s’oppose ici un milieu rigoureux, hiérarchisé et collectif. 

  • La Prisonnière du désert : pour le meilleur et pour Shakespeare

    Il n’est pas aisé, face à la somme que représente La Prisonnière du désert, de savoir par quel angle l’attaquer pour tenter de rendre compte de son hétéroclite grandeur. 

  • La Charge héroïque : qu’elle est alerte, mon armée

    À mesure qu’il déroule sa filmographie, John Ford assume de plus en plus explicitement son caractère d’historien des fondations de son jeune pays. Dans La Charge héroïque, deuxième volet de sa trilogie sur la cavalerie, le recours à la voix off pour ouvrir le film entérine cette fonction d’un cinéma qui retrace son passé tout…