Le Cinéma de Frankenstein : un monstre à l’écran

L’auteur et journaliste spécialisé dans le cinéma fantastique Jean-Pierre Andrevon publie aux éditions LettMotif un essai sur la « carrière » cinématographique de Frankenstein. Il y revient sur la genèse littéraire du monstre, ses adaptations classiques chez Universal et à la Hammer, ainsi que les tentatives plus récentes de lui redonner vie à l’écran.

Mary Shelley n’a que 18 ans quand elle entame l’écriture de Frankenstein, ou le Prométhée moderne. Publié pour la première fois en 1818, ce roman fondateur est souvent considéré comme le premier ouvrage de science-fiction. Inspirée par un été orageux passé au bord du lac Léman en compagnie de ses amis, la jeune auteure anglaise imagine l’histoire du scientifique Victor Frankenstein, qui, désireux de percer les secrets de la vie, crée un être artificiel en assemblant des bouts de cadavres. Le roman ne s’y limite toutefois pas, puisqu’il explore des thèmes tels que la responsabilité scientifique, les limites de la connaissance et les conséquences de l’hubris.

Ce qui intéresse Jean-Pierre Andrevon intervient toutefois bien plus tard. Si les premières adaptations cinématographiques de Frankenstein remontent aux débuts du cinéma muet, c’est bien la version de 1931 produite par Universal Pictures qui en constitue le premier apogée. Réalisé par James Whale, ce film passé à la postérité a non seulement consolidé l’image du monstre dans la culture populaire, mais il a aussi fait de Boris Karloff une véritable star. Profitant du refus de Béla Lugosi, peu intéressé à l’idée d’interpréter un personnage taciturne, Boris Karloff, transfiguré par le maquillage iconique conçu par Jack Pierce, devient alors le visage de la créature pour des générations entières de cinéphiles. Le succès aidant, Universal produit plusieurs suites, dont La Fiancée de Frankenstein (1935), dont Jean-Pierre Andrevon ne manque pas de louer les qualités.

Dans les années 1950 et 1960, la Hammer Film Productions, une société britannique, redéfinit le genre de l’horreur, et notamment avec ses propres adaptations de Frankenstein. The Curse of Frankenstein (1957), réalisé par Terence Fisher et mettant en vedette Peter Cushing en tant que Victor Frankenstein et Christopher Lee dans le rôle de la créature, inaugure une série de films qui se distinguent par leurs couleurs vives, leur atmosphère gothique et leur violence explicite. Les films de la Hammer apportent une nouvelle dimension à l’histoire, en se concentrant davantage sur les expériences macabres de Frankenstein et en présentant un scientifique plus sombre et obsédé. Le Cinéma de Frankenstein réserve aux principaux acteurs de ces différents longs métrages – James Whale, Peter Cushing, Boris Karloff – une place qui permet de creuser plus avant leurs performances et l’impact des films sur leur carrière. 

Après ces deux cycles toujours acclamés des décennies plus tard, l’intérêt pour le mythe de Frankenstein a été maintes fois renouvelé, avec plus ou moins de succès. Jean-Pierre Andrevon mène le lecteur du Japon à la France, du cinéma d’horreur américain au genre érotique, sans taire ni les parodies ni les essais, plus concluants, de Tim Burton (Frankenweenie, 2012) ou Kenneth Branagh (Frankenstein d’après Mary Shelley, 1994). Sans prétendre à l’exhaustivité – un vœu pieux –, Le Cinéma de Frankenstein propose ainsi un tour d’horizon passionné, riche en anecdotes, sur les différentes adaptations dont le monstre a fait l’objet. Comme souvent, Jean-Pierre Andrevon communique avec maestria son attrait pour le cinéma de genre.

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J.F.


Le Cinéma de Frankenstein, Jean-Pierre Andrevon – LettMotif, juillet 2024, 200 pages


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