
À n’en pas douter, l’histoire du cinéma, passionnante, émaillée de nouveautés et de ruptures, mérite un examen des plus attentifs. De par son infinie richesse, il nous faut cependant diviser cette évocation en plusieurs parties. Il y en aura donc neuf au total, dont nous vous livrons ici la cinquième.
5. Le cinéma pendant la Seconde Guerre mondiale
5.1 L’impact de la guerre sur la production cinématographique
C’est une évidence, la Seconde Guerre mondiale a bouleversé l’industrie cinématographique mondiale. Avec le déclenchement du conflit, la production de films a été profondément affectée. De nombreux studios ont été réquisitionnés pour la production d’œuvres de propagande ou pour d’autres besoins liés à la guerre. Les ressources telles que la pellicule et les équipements sont devenues de plus en plus rares, ce qui a conduit à une réduction du nombre de films. De plus, avec la guerre, la fermeture de nombreux marchés étrangers a handicapé Hollywood et fragilisé sa position dominante à l’échelle mondiale. En Europe, les industries cinématographiques nationales ont également été grandement perturbées, avec l’occupation de territoires par les forces de l’Axe et la destruction de studios et d’infrastructures.
5.2 Le cinéma comme outil de propagande
Le cinéma a été érigé, en Italie et en Allemagne comme ailleurs, en outil de propagande. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les gouvernements des pays impliqués dans le conflit ont rapidement reconnu le potentiel des films pour influencer l’opinion publique. À travers des fictions, des actualités et des documentaires, ces régimes ont transmis des messages destinés à galvaniser le soutien à l’effort de guerre, à dépeindre l’ennemi sous un jour négatif et à renforcer le moral des troupes et des civils. Les films issus de la série Why We Fight aux États-Unis (1942-1945) ont par exemple été utilisés pour promouvoir des messages patriotiques et idéologiques.
5.3 Les films emblématiques de cette période
Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux films emblématiques ont été produits, reflétant les réalités et les préoccupations de l’époque. Aux États-Unis, des films comme Casablanca et Madame Miniver, tous deux sortis en 1942, ont immortalisé l’esprit de résistance et de sacrifice. D’autres, comme Le Dictateur de Charlie Chaplin (1940), ont offert une satire caustique des dirigeants fascistes. En Grande-Bretagne, un film tel qu’In Which We Serve (1942) a dépeint les défis et les sacrifices de la vie en temps de guerre. En URSS, ce sont Alexander Nevsky (1938) ou Ivan le Terrible (1945) qui ont été utilisés pour exacerber le soutien à l’effort de guerre contre l’invasion allemande.
5.4 Les répercussions post-guerre sur l’industrie cinématographique
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’industrie cinématographique a connu de profonds bouleversements. L’une des conséquences majeures a été la fin du système des studios à Hollywood, en partie à cause de décisions judiciaires leur interdisant de posséder leurs propres circuits de salles de cinéma. Cela a ouvert la voie à une plus grande indépendance pour les réalisateurs et les producteurs. De plus, la guerre a laissé un héritage durable dans le contenu des films, avec l’émergence de genres tels que le film noir, symptomatique du cynisme et de la désillusion de l’après-guerre. En Europe, les conflits armés ont dévasté l’industrie cinématographique de nombreux pays, mais ces événements ont également conduit à une renaissance dans des pays comme l’Italie, qui a vu émerger le néoréalisme de Vittorio De Sica, Roberto Rossellini, Giuseppe De Santis ou Cesare Zavattini, véritable promoteur du mouvement.
J.F.

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